dimanche 5 février 2012

La banquise

Si je vous parle de la banquise, les Montréalais vont penser au shack à poutine ouvert 24h par jour sur la rue Rachel, les autres verront possiblement un ours polaire. Si je vous parle de ma banquise, les Montréalais vont penser que j'ai acheté le shack à poutine (une autre réorientation de carrière dans le gras trans), les autres... vous me suivez? Non?

Bon, derrière chez moi, il y a un petit bois. Je dirais même plus : une forêt qui va jusqu'à la 20! Alors que devant chez moi, il y a la banquise, ma banquise. En été, les locaux l'appellent la mer, tandis qu'en hiver, lorsque cette surface d'eau salée gèle, le nom se transforme en banquise! Ouste les frites, le gras trans, les ours polaires et le fromage qui fait quik-quik. Devant chez moi, c'est le domaine du vent glacial qui souffle du Bic, ou du vent de tempête qui vient de Baie-Comeau et de la grosse glace d'un mètre d'épais!

On peut marcher jusqu'à l'ilet Canuel, situé juste en face et même en faire le grand tour. Avec le bon équipement, une paire de ski alpin, un paraski et un peu de nerf, on se laisse balader au gré du vent.

Quand on en a plein le c_l de marcher sur la banquise, qu'on a les pieds gelés et le nez qui coule, on tourne à droite, on passe à côté des petites cabanes de pêcheurs et on arrive au centre-ville, juste à temps pour boire un café ou un chocolat chaud à la Brûlerie d'ici.

N'espérez par être seul par un beau dimanche après-midi sur la banquise, c'est une destination très prisée par les locaux et on peut même croiser quelques touristes français par temps froid.

Si jamais le cœur vous en dit, venez visiter ma banquise, elle n'est pas loin, c'est juste à côté, à Rimouski!




vendredi 27 janvier 2012

La princesse d'Honguedo


Phare de Pointe-au-Père
12,5 %

Ça y est, douze virgule cinq pour cent de fait, une session sur "8", un faux huit car il y a un gros douze mois à passer en mer la dessus. Les premiers trois mois sont passés comme une balle, j'ai rien vu aller! De l'automne fantastique que nous avons eu dans le Bas-Saint-Laurent, à l'arrivée (trop) rapide de la noirceur de novembre, la neige nous est tombée dessus et n'a jamais vraiment cessé. Avec un peu de volonté et d'huile de coude, je pourrais me rendre à l'Institut en ski de fond sans trop de problème en moins d'une heure... une façon simple et efficace d'éviter la minute de pointe!

Dans quelques mois viendra le temps de prendre la mer et j'imagine qu'il y aura un peu plus d'action sur BâbordAmures.net avec les naufrages, les pirates, flibustiers et les passagers clandestins! Même que, afin de survivre aux bateaux de croisières italiens, j'ai reçu ma première semaine de formation d'urgence en mer : incendie et survie. Ils ont même pris les mesures pour mon masque de pompier. Ce qui m'inquiète un peu c'est que je n'ai pas trouvé le chapitre traitant de la procédure à faire quand le navire arrache un récif en se promenant trop près de la côte.

Toscane, princesse d'Honguedo
La princesse d'Honguedo

Elle est arrivée le jour annoncé, au grand damne des astrologues qui nous prévoyait un retard (après tout, le premier est toujours en retard, non?). Pas elle. Le 4 octobre, en début d'après-midi... il faisait beau en plus sur Rimouski, c'était l'été indien et on voyait presque Forestville de l'autre côté de la "mer", je m'en souviens, notre chambre avait vue sur le fleuve au quatrième étage. J'ai manqué un examen.

Pratiquement quatre mois plus tard (un père ne compte pas en semaines, on laisse cela au dialecte féminin), elle est passée de 6 à environ 14 livres! Le premier bébé de 2011 de l'IMQ!

Est-ce que ça nous a fait ralentir? Avec l'hiver qui souffle à plein, il a juste fallu un peu apprendre à écourter nos sorties, mais la raquette et le ski de fond sont toujours possible avec la grande forêt que nous avons à l'arrière de la maison et les dramatiques falaises enneigées du parc du Bic à quelques minutes en auto. On a mis sur pause le camping d'hiver pour l'instant et on magasine une tente un peu plus grande!

Toscane a les fesses bien emmitouflées dans son traineau pratiquement à tous les jours et elle semble apprécier cette saison québécoise en regardant le manteau blanc défilé sous ses yeux (quand elle ne dort pas!).

À bientôt!



lundi 14 novembre 2011

La minute de pointe

Pas trop loin du Kentucky. Photo JF Lepage
Mettez ça sur le dos du mois de novembre, du soleil qui se couche en fin d'après-midi, du changement d'heure, j'en sais rien. Mais, j'ai eu un mini-blues cette semaine. J'ai donc changé le poste de ma radio de 89.1 à 95.1. Un petit 6mhz de différence qui allait me mettre au pouls du monde.

J'étais écœuré d'entendre parler de l'avancement de la construction de la nouvelle tour de douze étages qui va venir enlaidir le bord de mer, de la progression des rénovations du McDo (on va avoir un McCafé imaginez-vous donc!), de la mystérieuse disparition du chien de monsieur Beaulieu, du score de l'Océanic (ça, c'est l'équipe de hockey locale)... É-cœu-ré! Pu capable!

Il me fallait des vraies nouvelles! Quoi de mieux que de syntoniser le 95.1FM, Première Chaîne de Radio-Canada à Montréal, sur internet pour entendre ce qui se passe ailleurs que dans le Bas-Saint-Laurent. J'ai donc commencé cette nouvelle habitude samedi matin. Quel plaisir que de retrouver Le Bigot et Edgar! Il me manquait juste ma copie de La Presse avec mon café (elle arrive juste tard en après-midi...) pour être au paradis.

Comme dans le proverbe : gros lundi, p'tite semaine, mon lundi c'est ma plus grosse journée de la semaine : 8h à 16h30. Pas facile la vie d'étudiant. Pour ajouter au comble, j'ai du attendre une deuxième lumière avant de tourner à gauche sur St-Germain : le monsieur en avant, en bon rimouskois, a laissé passer un automobiliste qui allait se chercher du Kentucky.

Pont Jacques-Cartier à l'état normal. Photo La Presse
En arrivant à la maison, il faisait noir comme sul loup (pour vous Montréalais, sachez que le soleil se couche plus tôt ici que chez vous). Je me suis dépêché à me brancher sur l'émission de Désautels et puis là ma balloune a dégonflé. J'ai abandonné 95.1 pour retourner au 89.1! À choisir entre entendre parler de la congestion sur métropolitain, que Décarie ça va pas mieux, qu'on suggère de passer par Victoria au lieu de Jacques-Cartier, éviter la 15, la 13 pis la 640, je crois que je préfère avoir des nouvelles du chien de monsieur Beaulieu, de vivre ma petite minute de pointe bien pénard en manquant une lumière à cause du Kentucky que de passer une heure de ma vie jammé dans mon char à 20 mètres sous le fleuve dans le tunnel Louis-Hyppolite.

Bon retour à la maison, moi, je suis déjà rendu!


ps : Sachez aussi que le soleil se lève plus tôt ici qu'à Montréal... au bout du compte, ça revient pas mal au même...


mercredi 12 octobre 2011

(x + 6)(x + 8)

Que peuvent faire ensemble un fonctionnaire fédéral en environnement, un technicien en sonorisation, un punk, un analyste en informatique, un Égyptien et une fille fraîchement sortie du secondaire? Nous sommes tous réunis sous un même toit pour apprendre un nouveau métier.
À la journée d'accueil, il faut dire que j'avais un peu les jambes molles : me retrouver au milieu d'une bande de jeunes n'ayant pas encore l'âge légal pour boire une bière. Quel fut donc ma surprise de faire la rencontre de Fred, de quelques mois mon aîné!

J'imagine que pour éviter la dépression des old-timers, ils nous mettent tous dans la même classe, le critère de sélection étant d'avoir de la barbe (désolé Geneviève!). 

Chargé d'un gros 19 heures de cours par semaine, je me croyais un peu au dessus de mes affaires jusqu'au cours de math. Au tour de table, nous étions quelques-uns à avoir vu notre dernière équation il y a plus de 10 ans (près de 20 dans mon cas). À la fin de la deuxième période de math, Xavier avait son nouveau mojo : "Fuck ma vie!".

À l'Institut, l'ambiance est très familiale avec moins de 300 étudiants. Grâce à sa situation géographique, avec un peu de chance, on a un local avec vue sur la mer! Nous avons donc à l'occasion des interruptions dans les cours lorsque quelqu'un pousse un "Monsieur-c'est-quoi-le-bateau-là-bas-au-loin?"

Mi-session déjà, les semaines passent rapidement, et je peux sentir la fébrilité de la gang quand on se demande sur quel bateau nous allons partir cet été lors de notre stage. Pour certains, ce sont les pétroliers qui les intéressent, pour d'autres, c'est le Grand Nord, l'Asie, le Fleuve ou les Grand Lacs. Nous serons fixés ce printemps. Pour l'instant, nous continuons à bucher dur! Du rhum, des femmes et d'la bière non de Dieu...


mercredi 20 juillet 2011

Bienvenue à bord!

Vue de notre balcon
C’est fait! Ma démission est effective dans quelques jours. Pour l’instant,  j’écoule mes vacances en me la coulant douce sur le bord de la mer. La mer? La mère de qui? Quelle mer? Old Orchard, Hampton, Cape Cod ? Nan, la mer, la vraie, celle en face de Rimouski!

Mais qu’est-ce qui a pu m’amener à quitter mon emploi, la métropole, les bouchons de circulation, le changement de côté de rue deux fois par semaine, les ponts qui menacent de s’écrouler…  pour aller m’établir « en région » dans un duplex-à-prix-raisonnable avec vue sur le fleuve?

Pour ceux qui ont suivi nos péripéties sur Allersimple.net, vous savez que nous avons un peu la bougeotte. Je commençais donc vraiment à m’enraciner dans mon boulot de fonctionnaire-blasé. Il fallait changer d’air!

Bâbord Amure.net c’est quoi? Le blogue se veut un peu la suite d’Allersimple.net,  soit l’épopée de mes quatre prochaines années en tant que jeune (!) étudiant à l’Institut Maritime du Québec dans le programme de Navigation.  Je ne vous raconterai pas seulement mes journées à l’école, la façon de faire le nœud de Rosendahl, la raison pour laquelle les femmes et les enfants ont la priorité lors de l’abandon du navire, mais aussi ce qu’il y a de magnifique à découvrir à Rimouski et dans les alentours.

Bienvenue à bord!